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Les erreurs de débutant à éviter lors de la création de son entreprise pour maximiser ses chances de succès

Les erreurs de débutant à éviter lors de la création de son entreprise pour maximiser ses chances de succès

Les erreurs de débutant à éviter lors de la création de son entreprise pour maximiser ses chances de succès

Créer son entreprise est une aventure exaltante… et un terrain miné. Les statistiques sont connues : près de la moitié des entreprises disparaissent dans les cinq premières années. Vu de près, ce ne sont pas des « coups du sort » mais, très souvent, les mêmes erreurs de débutant qui se répètent.

L’objectif de cet article n’est pas de faire peur, mais de vous éviter les pièges les plus fréquents, ceux que j’ai vus des dizaines de fois comme consultant, directeur financier, puis accompagnant de dirigeants. Si vous êtes en phase de création (ou de réflexion), prenez cet article comme une check-list de choses à ne pas faire pour maximiser vos chances de rester dans le camp des survivants… et des gagnants.

Se lancer pour de mauvaises raisons

La première erreur, c’est de démarrer avec un moteur fragile. Beaucoup de projets naissent sur des motivations bancales :

Le problème ? Ces motivations ne tiennent pas longtemps face à la réalité : 60 à 70 heures par semaine au démarrage, stress de la trésorerie, solitude du dirigeant, pression permanente sur les résultats.

Posez-vous quelques questions simples, mais exigeantes :

Un entrepreneur que j’ai accompagné avait quitté un poste très bien payé dans un grand groupe pour « être enfin libre ». Trois ans plus tard, il gagnait deux fois moins, travaillait deux fois plus, et avait le sentiment inverse de la liberté. Sa vraie erreur n’était pas son projet (solide) mais son manque de lucidité sur ce que la création impliquait.

Ne pas valider son marché avant de se lancer

Autre classique : l’entrepreneur qui tombe amoureux de son idée. Il la peaufine pendant des mois, voit déjà son logo sur un immeuble, investit dans un site web, des prototypes… mais ne parle pas sérieusement à ses futurs clients.

Les symptômes typiques :

Ce qu’il faut faire avant d’investir lourdement :

Une startup B2B que j’ai accompagnée avait interrogé 40 prospects, obtenu 20 marques d’intérêt, mais 0 engagement signé. La raison : le problème était bien réel, mais pas prioritaire. Les décideurs n’étaient pas prêts à payer maintenant. Projet intéressant, mauvais timing de marché. Ils ont perdu deux ans à insister avant de pivoter vers un usage plus urgent pour les mêmes clients.

Avoir un modèle économique flou

« On verra le business model plus tard, l’important c’est l’audience / l’appli / la communauté. » Entendu mille fois, rarement bien terminé (sauf cas très particuliers, ultra-financés, qui ne sont pas la réalité de 99 % des créateurs).

Un modèle économique clair, ce n’est pas un tableau Excel sophistiqué. C’est répondre sans hésiter à quelques questions fondamentales :

Si vous ne pouvez pas expliquer votre modèle économique de façon simple à un ami en 3 minutes, c’est qu’il est probablement encore trop flou. Or un modèle flou donne des prévisions illusoires, rend les discussions bancaires compliquées et les arbitrages opérationnels impossibles.

Sous-estimer les besoins financiers et la trésorerie

La plupart des plans de financement de créateurs que je vois sont trop optimistes. Les erreurs les plus courantes :

La trésorerie, c’est la réalité du compte en banque, pas celle du compte de résultat. Une entreprise peut être rentable sur le papier et mourir faute de cash.

Quelques règles simples pour limiter les dégâts :

Exemple réel : un créateur de commerce B2B avait financé son stock initial et ses aménagements, mais n’avait pas intégré que ses clients le paieraient en 60 jours. Résultat : carnet de commandes plein mais impossibilité de racheter du stock. Il a dû ouvrir en urgence une ligne de découvert coûteuse, alors qu’un simple plan de trésorerie l’aurait amené à négocier une facilité de caisse à moindre coût avant de démarrer.

Mal choisir ses associés (ou s’associer par défaut)

Autre piège fréquent : s’associer pour de mauvaises raisons. Par exemple :

Un mauvais choix de cofondateur est l’une des premières causes d’échec précoce : conflits sur la vision, sur le rythme de travail, sur la rémunération, sur la prise de risque.

Avant de vous associer, clarifiez noir sur blanc :

Évitez les répartitions 50/50 décidées en une heure au café du coin. Un pacte d’associés solide ne garantit pas l’état d’esprit, mais il évite que l’affectif ne dégénère en blocage juridique le jour où les tensions apparaissent.

Recruter trop tôt… ou trop mal

Au démarrage, votre principal levier, c’est votre agilité. Recruter trop vite peut vous plomber :

À l’inverse, hésiter trop longtemps à recruter peut vous épuiser et limiter votre croissance. La clé est de recruter au bon moment, pour de bonnes raisons :

Et surtout, formalisez vos attentes : fiche de poste claire, objectifs concrets, période d’essai utilisée vraiment comme une période d’essai (avec feedback francs), pas comme une formalité administrative.

Négliger les bases juridiques, fiscales et administratives

À l’inverse du fantasme bureaucratique français, l’erreur la plus fréquente n’est pas d’être paralysé par l’administratif, mais de le prendre à la légère :

Vous n’avez pas besoin de devenir juriste, mais de sécuriser quelques fondamentaux :

Un restaurateur que j’ai connu avait investi toutes ses économies dans ses travaux… avant de vérifier les normes de sécurité et d’accessibilité. Résultat : 30 000 € de travaux complémentaires imposés en urgence, financement introuvable, dépôt de bilan. Une simple visite en amont avec un professionnel compétent lui aurait évité la catastrophe.

Se disperser et vouloir tout faire parfait

Les débuts d’une entreprise sont un moment de grande incertitude. Face à cela, deux réactions typiques, toutes deux dangereuses :

Dans les deux cas, vous retardez l’essentiel : la confrontation au marché. C’est lui, et lui seul, qui valide (ou invalide) votre idée.

Une approche plus saine :

Au démarrage, votre avantage sur les grands acteurs, ce n’est pas la perfection, c’est la vitesse d’apprentissage.

Rester seul et ne pas se faire challenger

L’image d’Épinal du créateur seul dans son garage est séduisante, mais trompeuse. Les projets qui réussissent le plus vite sont rarement ceux qui vivent en vase clos.

Quelques erreurs fréquentes :

À l’inverse, s’exposer au regard d’autrui permet :

Investir quelques demi-journées dans des réseaux d’entrepreneurs sérieux, des rendez-vous avec un expert-comptable ou un conseiller BPI peut vous éviter des erreurs à cinq chiffres.

Confondre chiffre d’affaires et succès

Les premiers mois où « ça rentre » sont souvent grisants. Mais attention à deux illusions dangereuses :

Votre objectif n’est pas seulement de vendre, mais de vendre de manière rentable et reproductible.

Surveillez, dès le début, quelques indicateurs clés :

Un dirigeant de PME de services que j’ai accompagné ne jurait que par son CA en forte croissance. On a fini par calculer sérieusement sa marge nette par client : sur son « meilleur client », pourtant très demandeur, il perdait de l’argent depuis deux ans.

Check-list des erreurs à éviter pour démarrer sur de bonnes bases

Pour transformer tout cela en outil opérationnel, voici une check-list synthétique. Si vous cochez honnêtement ces cases, vous réduisez déjà fortement votre risque de « crash » précoce.

Créer son entreprise reste un pari. Mais ce pari n’a pas à être un saut dans le vide. En évitant ces erreurs de débutant, vous transformez un pari hasardeux en projet maîtrisé. Et vous vous donnez, très concrètement, de meilleures chances d’écrire une histoire qui dure.

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