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Comment instaurer la confiance au sein des équipes dans un contexte de changement et limiter les résistances internes

Comment instaurer la confiance au sein des équipes dans un contexte de changement et limiter les résistances internes

Comment instaurer la confiance au sein des équipes dans un contexte de changement et limiter les résistances internes

Pourquoi la confiance devient stratégique en période de changement

Un plan de transformation peut être brillant sur le papier et mourir en trois mois sur le terrain. Non pas parce qu’il est mauvais, mais parce que les équipes n’y croient pas, ou n’ont plus confiance dans ceux qui le portent.

Dans un contexte de changement (nouvelle organisation, fusion, rachat, pivot stratégique, restructuration…), la confiance n’est pas un « bonus » de climat social. C’est un actif opérationnel. Sans elle :

À l’inverse, une équipe qui fait confiance à sa direction peut encaisser des décisions difficiles, des erreurs d’exécution, des ajustements douloureux… tant qu’elle perçoit de la cohérence, de la transparence et du respect.

La vraie question n’est donc pas : « Comment faire accepter le changement ? », mais : « Comment créer suffisamment de confiance pour que le changement soit co-porté, et pas subi ? »

Le réflexe classique (et inefficace) : communiquer plus, mais écouter peu

Face aux résistances internes, la plupart des comités de direction adoptent le même réflexe : ils multiplient les slides, les mails, les “points d’étape” et les FAQs. Autrement dit : plus de messages descendants.

Sur le terrain, l’effet est souvent inverse à celui recherché :

Résultat : le volume de communication augmente, la confiance baisse.

Instaurer la confiance, ce n’est pas “mieux expliquer” ce que vous avez déjà décidé. C’est accepter d’ouvrir le jeu, de remettre en cause certaines options, et surtout de traiter la résistance comme un signal utile, pas comme un défaut à corriger.

Comprendre réellement la résistance : peur, perte et incohérences

Avant d’imaginer des leviers de confiance, il faut regarder en face ce qui alimente la résistance. Dans 90 % des cas, elle est liée à trois facteurs combinés :

Un exemple très courant : une PME industrielle annonce un plan de modernisation “pour gagner en agilité et sécuriser l’emploi”. Six mois plus tard, un plan de départs volontaires est lancé. Officiellement, il “n’a rien à voir” avec le projet. Les équipes, elles, font immédiatement le lien. La confiance est entamée pour longtemps, même si le reste du plan est pertinent.

La résistance n’est pas un caprice. C’est souvent une réaction rationnelle face à des informations incomplètes, des risques réels et un historique parfois chargé. Votre premier travail est donc d’accueillir et décoder cette résistance, pas de la faire taire.

Les trois piliers de la confiance en contexte de changement

Au fil des missions, les mêmes ingrédients reviennent quand un changement est bien absorbé par les équipes. Trois piliers se distinguent très clairement :

Le reste (poster de valeurs, séminaires inspirationnels, vidéos du CEO) n’est crédible que si ces trois fondations sont vérifiées au quotidien.

Mettre vos actes en cohérence : le test des “3 preuves”

La confiance se joue beaucoup moins dans les grands discours que dans une série de signaux concrets, parfois très petits. Un bon test opérationnel pour vos équipes dirigeantes : avant chaque annonce importante liée au changement, validez les “3 preuves”.

Prenons un exemple : vous affirmez que “la priorité est de préserver l’emploi autant que possible”. Les équipes vont immédiatement chercher ces 3 preuves :

Si une seule de ces preuves manque, votre phrase devient une formule de communication, pas un engagement crédible. Et chaque décalage entre discours et actes détruit plus de confiance qu’une mauvaise nouvelle annoncée clairement.

Organiser une transparence qui ne soit pas anxiogène

Beaucoup de dirigeants hésitent à “trop dire”, par peur de créer de la panique. À l’inverse, le flou informationnel est un terrain de jeu idéal pour les rumeurs et les fantasmes catastrophistes.

L’enjeu n’est pas de tout dire, tout le temps, à tout le monde. L’enjeu est de pratiquer une transparence utile, structurée autour de trois niveaux :

Le simple fait d’expliciter ces trois zones, en réunion comme dans vos mails, réduit la résistance. Les collaborateurs savent sur quoi ils peuvent peser et sur quoi ce n’est pas le cas. Ils arrêtent de se battre sur des sujets clos, et peuvent concentrer leur énergie sur les marges de manœuvre réelles.

Mettre la considération au même niveau que les KPI de projet

Dans la plupart des comités de pilotage de transformation, on parle beaucoup :

On parle peu, voire pas du tout :

Résultat : on “découvre” la résistance quand elle est devenue frontale : grève, départs en cascade, blocages de processus, sabotage doux. Trop tard.

Une bonne pratique, simple mais puissante : intégrer des indicateurs de considération dans le pilotage de vos chantiers. Par exemple :

Ce n’est pas “du soft”. C’est du pilotage de risques. La confiance se nourrit du sentiment que les impacts humains ne sont pas un sous-sujet, traité à la marge par les RH, mais un volet central du projet.

Donner un vrai rôle aux managers de proximité

Dans toutes les transformations, il y a un maillon critique : le manager de proximité. C’est lui qui traduit les décisions en priorités quotidiennes, qui absorbe les inquiétudes, qui valide ou non, par son comportement, la crédibilité de la direction.

Si vous ne faites que “déverser” des messages vers les managers en leur demandant de les relayer, vous en faites des porte-parole, pas des acteurs. C’est la meilleure façon de les mettre en porte-à-faux, et de créer une casse silencieuse dans cette couche intermédiaire.

Pour en faire de vrais ambassadeurs de confiance, trois leviers sont incontournables :

Un manager à qui vous demandez “d’embarquer les équipes” mais à qui vous continuez à fixer des objectifs purement productifs, sans intégrer le temps de pédagogie et d’accompagnement, arbitrera très vite : il sacrifiera la pédagogie pour tenir ses chiffres. Et la confiance partira avec.

Structurer un dialogue réel avec le terrain

La confiance ne se décrète pas, elle se construit dans la durée, par des boucles de feedback courtes et visibles. Quelques dispositifs simples, mais à condition de les prendre au sérieux :

Attention : l’outil ne suffit pas. Le vrai facteur différenciant, c’est la traçabilité des réponses. Chaque fois que vous recevez une remontée importante :

Un “petit” problème réglé vite et clairement (un planning irréaliste, un outil qui bugue, une surcharge dans une équipe) peut apporter plus de confiance que dix réunions d’information générales.

Un plan d’action en 7 étapes pour limiter les résistances

Pour rendre tout cela opérationnel, voici un enchaînement d’étapes pragmatiques, applicable dans une PME comme dans un groupe plus structuré.

Ce plan n’éliminera pas toutes les résistances – et ce n’est pas l’objectif. Il permet en revanche de transformer une partie de cette résistance en énergie constructive, en engagement, voire en idées d’amélioration très concrètes.

Les erreurs à éviter absolument

Pour finir, quelques pièges classiques, observés encore et encore dans les entreprises en changement :

Faire du changement un test de maturité managériale

Instaurer la confiance en période de changement, ce n’est pas ajouter une couche de communication “positive” sur un plan déjà ficelé. C’est accepter que la manière de conduire le changement est aussi importante que le changement lui-même.

Une direction qui assume ses contraintes, expose ses zones de doute, met ses actes en ligne avec son discours et traite sérieusement la résistance envoie un message fort : “On vous respecte suffisamment pour jouer cartes sur table.”

À court terme, cela demande du temps, du courage et parfois quelques renoncements. À moyen terme, c’est ce qui fait la différence entre une organisation qui subit chaque transformation comme un traumatisme et une organisation qui, même chahutée, reste debout, engagée et capable de se réinventer sans se déchirer.

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